Nos conseils pour écrire un carnet de voyage pendant votre trek dans le désert

Sur le moment, il reste les photos. Puis les mois passent, le téléphone change et les images finissent quelque part dans un dossier que l’on n’ouvre plus.

Quand au détour d’une conversation quelqu’un vous demande comment c’était, vous répondrez que c’était magnifique et vous réaliserez que vous ne trouvez plus les mots.

C’est là que le carnet change tout.

Ce que la mémoire ne garde pas

Nous croyons que notre mémoire enregistre. En réalité elle trie, elle simplifie, elle efface. Un trek entier peut se réduire, en quelques mois à trois ou quatre images figées. Ce qui disparaît en premier, ce sont précisément les choses qui faisaient la texture de ces journées. Les prénoms, un mot d’arabe ou d’amazigh appris auprès d’un guide, ou le silence qui s’installe quand le groupe s’espace un peu.

Écrire ne sert pas qu’à documenter, ça nous aide à regarder. En cherchant les mots pour dire ce que la journée avait de singulier, on ralentit, on observe autrement, et c’est ce ralentissement qui grave le souvenir.

La phrase écrite le soir sous la tente à la lumière d’une frontale, résiste au temps bien mieux que la photo prise en marchant.

Commencer avant le premier pas

Un trek commence bien avant le départ. Il commence le jour où l’on s’inscrit, où le Sahara se met à exister avec réalité dans notre tête. C’est donc là que le carnet devrait s’ouvrir et non au premier bivouac.

Prenez un moment avec les pages encore vierges. Écrivez la date et une phrase. Pourquoi ce trek. Ce que vous allez y chercher au fond de vous en plus des dunes. Cette note toute simple, relue au retour, vaudra plus que cent photos parce qu’elle vous dira où vous en étiez à ce moment précis de votre vie.

Notez aussi ce que vous espérez rapporter et qui n’a rien de matériel. Une peur à dépasser, un groupe à rencontrer, un silence à retrouver loin de l’agitation quotidienne.

Quelques façons de capter l’instant, quand on ne sait pas par où commencer

La page blanche intimide, et beaucoup de femmes n’osent pas se lancer parce qu’elles pensent ne pas savoir écrire ou dessiner. Un carnet de trek n’a pas à être beau. Il a seulement à être vrai.

Voici quelques entrées possibles, à piocher selon les jours:

  • Le détail sensoriel
    Plutôt que d’écrire que c’était beau, notez ce que vous ressentez. Faites le lien entre ce que vous éprouvez (votre monde intérieur)  et ce que vous vivez (votre environnement).
  • Les trois couches
    Si vous ne savez pas par où entrer dans une description, procédez par couches successives. Commencez par ce que vos yeux ont vu, les couleurs, les formes, les mouvements. Passez ensuite à ce que cela a déclenché en vous, l’émerveillement, la fatigue, la tendresse, parfois une nostalgie que vous n’attendiez pas. Terminez par ce à quoi cela vous a fait penser, un souvenir, une personne, une phrase ancienne remontée sans prévenir. Trois couches et la page se remplit d’elle-même.
  • Le mot du jour
    Un seul, le soir, avant de dormir. Celui qui résume l’état dans lequel la journée vous laisse, l’émotion qui domine quand toutes les autres se sont tues. Écrivez-le en grand, au milieu d’une page, rien qu’à lui. Certains jours il viendra tout seul, d’autres jours autorisez-vous une expression entière, quelques mots d’une chanson qui vous tourne dans la tête depuis le matin, deux lignes d’un dialogue entendu au bivouac. Au bout du trek, cette suite de mots raconte une trajectoire intérieure que vous n’auriez pas su écrire autrement.
  • Le croquis ( même maladroit )
    Un trait approximatif d’une dune, d’une tente, d’un dromadaire en dit souvent plus qu’une photo nette, parce qu’en dessinant vous avez été obligée de regarder longuement. Si le paysage entier vous paraît impossible à saisir, cadrez. Choisissez un fragment, un seul, et contentez-vous des grandes masses et des couleurs.
  • La rencontre
    Un mot échangé, un prénom, un visage. Ce sont presque toujours ces lignes-là que l’on relit le plus.
  • La carte
    Elle apporte des points de repère et vous pouvez composer autour d’elle en y collant des gommettes et en l’enrichissant au fil des jours.

Le bivouac, là où le trek s’écrit vraiment

On croit que le trek c’est la marche et les pas, mais les pages les plus justes ne s’écrivent jamais en marchant. Elles s’écrivent à l’arrêt, au moment de la pause du midi devant le verre de thé ou le soir sur les tapis au milieu du campement.

Offrez-vous une fois par jour, dix minutes immobiles avec votre carnet. Pas pour tout raconter, juste pour laisser la journée se déposer.

Au retour, ne le rangez pas trop vite

Le trek finit mais le carnet continue. Relisez-le une dernière fois au calme chez vous, ou dans l’avion qui vous ramène. Ajoutez ce qui manque, ces choses que l’on ne comprend qu’une fois rentrée. Notez ce que ces jours ont changé même si vous ne savez pas encore bien le formuler.

Puis posez-le à portée de main. Il est fait pour être rouvert quand vous aurez besoin de vous rappeler que vous êtes allée jusqu’au bout de votre rêve, et que vous l’avez écrit.

Le Carnet de votre Trek

Pour vous accompagner, nous avons créé un carnet à imprimer et à emporter dans votre sac. Il contient une page d’écriture pour chaque étape du trek, du jour d’arrivée au Maroc au retour en France, avec quelques questions pour vous lancer les jours où vous hésitez, ainsi que des pages libres pour dessiner, coller, garder.

Format A5, prêt à imprimer.

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